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Bon élève, mais aucune idée de quoi choisir : comment avancer dans son orientation ?

30 août
6 min de lecture

Avoir de bons résultats scolaires devrait, en théorie, faciliter l’orientation. Pourtant, pour certains élèves, c’est exactement l’inverse.


Mathématiques, sciences, économie, langues… Lorsqu’un étudiant réussit dans plusieurs matières, de nombreuses possibilités peuvent s’ouvrir à lui : médecine, ingénierie, commerce, droit, architecture, finance, sciences politiques ou encore formations internationales.


Pour les lycéens marocains qui envisagent de poursuivre leurs études à l’étranger, la réflexion peut être encore plus large. Il faut choisir une filière, mais aussi parfois un pays, un système universitaire, une langue d’enseignement ou un type d’établissement.

Cette ambition de poursuivre des études supérieures est d’ailleurs très présente au Maroc. Selon les résultats de PISA 2022 publiés par l’OCDE, 69 % des élèves marocains de 15 ans déclarent envisager d’obtenir au moins un diplôme de l’enseignement supérieur, une proportion presque identique à la moyenne de l’OCDE, qui s’établit à 70 %.


Face à toutes ces possibilités, une question revient souvent : comment savoir quelle voie correspond réellement à son profil ?


1. Quand avoir beaucoup de possibilités complique le choix



Pour un élève ayant de bons résultats, la difficulté n’est pas toujours de trouver une formation accessible. Elle peut au contraire être de choisir parmi un grand nombre de possibilités.


Un étudiant à l’aise en mathématiques et dans les matières scientifiques peut par exemple envisager des études d’ingénieur, de médecine, d’informatique ou de finance. S’il apprécie également les langues, l’économie ou les sciences humaines, d’autres parcours viennent encore s’ajouter.


C’est alors que le fameux « tu peux tout faire » peut devenir plus compliqué qu’il n’y paraît.


Pouvoir envisager plusieurs voies ne signifie pas forcément savoir laquelle choisir.

Pour un étudiant marocain qui souhaite poursuivre ses études en Europe, cette multiplication des possibilités peut également concerner la destination. Une même filière peut être accessible en France, en Espagne, en Belgique, en Allemagne ou dans d’autres pays, avec des programmes, des méthodes pédagogiques et des conditions d’admission différentes.


Les résultats scolaires constituent évidemment une information importante dans une réflexion d’orientation. Mais ils ne suffisent pas à déterminer les études qui correspondront le mieux à un étudiant.

Il faut également tenir compte de ses centres d’intérêt, de sa personnalité, de sa manière d’apprendre, de l’environnement dans lequel il souhaite évoluer et de ce qu’il attend réellement de ses futures études.



2. Être bon dans une matière ne signifie pas qu’il faut en faire son avenir


C’est l’un des raccourcis les plus fréquents en orientation.

Un élève obtient d’excellentes notes en mathématiques : doit-il forcément devenir ingénieur ?


Il réussit particulièrement bien dans les matières scientifiques : doit-il nécessairement envisager médecine ?


Ces possibilités méritent bien entendu d’être étudiées. Mais être capable de réussir dans un domaine et avoir envie d’y construire son avenir sont deux choses différentes.

C’est notamment ce qu’ont étudié les chercheurs Patrick J. Rottinghaus, Lisa M. Larson et Fred H. Borgen dans une méta-analyse publiée en 2003 dans le Journal of Vocational Behavior. Leur travail, intitulé The relation of self-efficacy and interests: a meta-analysis of 60 samples, rassemble 60 échantillons indépendants représentant 39 154 participants.

Les chercheurs ont analysé la relation entre les intérêts professionnels et le sentiment d’efficacité personnelle, c’est-à-dire la perception qu’une personne a de sa capacité à réussir dans un domaine. Ils concluent que ces deux dimensions sont liées, mais restent distinctes.


Autrement dit, se sentir capable de réussir dans un domaine ne signifie pas nécessairement vouloir en faire son activité professionnelle.


Pour avancer dans son orientation, il est donc utile d’aller au-delà des bulletins scolaires.

Quelles activités donnent réellement envie d’aller plus loin ? Préfère-t-on travailler avec des personnes, des données ou des idées ? Aime-t-on davantage analyser, créer, argumenter, organiser, résoudre des problèmes ou accompagner les autres ?

Ces questions permettent progressivement de distinguer plusieurs pistes qui, au départ, semblaient toutes envisageables.


3. Il n’est pas nécessaire de trouver immédiatement « le métier idéal »


À 16 ou 17 ans, répondre à la question « quel métier veux-tu faire plus tard ? » peut être particulièrement difficile, et cela n’a rien d’anormal.


Les lycéens connaissent généralement une partie limitée des métiers existants. Certaines professions sont extrêmement visibles — médecin, ingénieur, avocat, architecte, professeur — tandis que beaucoup d’autres restent largement méconnues.


Le rapport The State of Global Teenage Career Preparation, publié par l’OCDE en 2025 à partir des données PISA 2022, illustre bien ce phénomène. L’étude porte sur environ 690 000 adolescents dans 81 pays et économies. Elle montre que les aspirations professionnelles des jeunes restent fortement concentrées sur un petit nombre de métiers : dans les pays de l’OCDE, 50 % des filles et 44 % des garçons qui expriment un projet professionnel envisagent l’un des dix métiers les plus fréquemment cités.

L’objectif d’une réflexion d’orientation ne doit donc pas forcément être de trouver immédiatement un métier précis.


Il peut être beaucoup plus pertinent de commencer par identifier deux ou trois grandes familles d’études ou de secteurs susceptibles de correspondre au profil de l’étudiant.

Par exemple :

  • sciences, technologie et ingénierie ;

  • santé et sciences du vivant ;

  • commerce, économie et finance ;

  • droit et sciences politiques ;

  • architecture, création et design.


Ces premières directions pourront ensuite être approfondies en découvrant les formations, leurs programmes, leurs débouchés et les métiers auxquels elles peuvent mener.


L’orientation devient alors une démarche progressive plutôt qu’une décision définitive prise à 17 ans.


4. Choisir une filière, mais aussi un environnement d’études


Lorsqu’un étudiant souhaite poursuivre ses études à l’étranger, choisir une orientation ne consiste pas seulement à décider entre médecine, ingénierie ou école de commerce.

Une fois plusieurs pistes identifiées, il faut également se demander dans quel environnement il souhaite étudier.


Université ou école spécialisée ? Formation très académique ou davantage tournée vers les projets et les stages ? Cursus en français, en anglais ou dans une autre langue ? Grande ville ou campus plus réduit ? Études en France, en Espagne ou dans un autre pays européen ?


Deux formations portant presque le même nom peuvent proposer des expériences très différentes.


Il est donc essentiel de comparer les programmes en détail : matières enseignées, spécialisations possibles, place des stages, possibilités d’échanges internationaux, langue des cours, reconnaissance du diplôme ou encore poursuites d’études.

Cette phase d’exploration permet également de confronter l’idée que l’on se fait d’une filière à sa réalité.


Le rapport de l’OCDE publié en 2025 insiste justement sur l’importance de l’exploration professionnelle pendant l’adolescence. Il souligne que les jeunes qui réfléchissent activement à leur avenir, découvrent différents métiers et acquièrent une expérience du monde professionnel sont généralement mieux préparés aux transitions futures entre études et emploi.


L’objectif n’est donc pas de prendre une décision précipitée, mais de tester progressivement plusieurs hypothèses.


Une piste peut se confirmer. Une autre peut être abandonnée. Une troisième, à laquelle l’étudiant n’avait jamais pensé, peut apparaître.

C’est précisément à cela que sert une démarche d’orientation.


5. Le test d’orientation : un premier outil pour mieux se connaître


Lorsqu’un étudiant hésite entre plusieurs voies, un test d’orientation peut constituer un premier point de départ pour structurer sa réflexion.

Son rôle n’est pas de déterminer automatiquement « le métier idéal » ou de décider à la place de l’étudiant.


Il permet plutôt de mettre en évidence certains centres d’intérêt, préférences et environnements professionnels susceptibles de correspondre davantage à son profil.

Les résultats peuvent ensuite servir de point de départ pour explorer plusieurs formations ou familles de métiers et vérifier progressivement si elles correspondent réellement aux aspirations de l’étudiant.


L’intérêt d’une démarche structurée d’orientation est également documenté par la recherche.


En 2017, Susan C. Whiston, Yue Li, Nancy Goodrich Mitts et Lauren Wright ont publié dans le Journal of Vocational Behavior une méta-analyse intitulée Effectiveness of career choice interventions: A meta-analytic replication and extension.


Les chercheurs ont analysé 57 études représentant 7 364 participants portant sur différentes formes d’accompagnement à l’orientation. Ils ont constaté un effet positif global de ces interventions. Parmi les différents résultats étudiés, l’effet le plus important concernait la confiance des participants dans leur capacité à prendre une décision concernant leur orientation.


Le test doit donc être considéré comme le début d’une réflexion, et non comme une réponse définitive.


L’objectif est de permettre aux étudiants de mieux comprendre leur profil, de faire émerger plusieurs pistes d’études et de commencer cette nouvelle année scolaire avec une réflexion plus structurée sur leur avenir.


Vous entrez en Terminale ou en dernière année du bac ?


Il est parfaitement normal de ne pas encore savoir exactement quelles études choisir.

Et pour les parents, voir un jeune hésiter entre plusieurs possibilités ne signifie pas qu’il est en retard dans sa réflexion.


La rentrée constitue justement un très bon moment pour commencer à explorer les différentes possibilités, avant que les échéances de candidature ne viennent accélérer les décisions.


Campus Plus propose actuellement aux étudiants qui entrent en Terminale ou en dernière année du bac de passer gratuitement un test d’orientation.


Ce test permet de mieux comprendre son profil, d’identifier plusieurs domaines susceptibles de correspondre à ses centres d’intérêt et de commencer à construire progressivement un projet d’études cohérent, au Maroc comme à l'international.


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